Batard !

Ouech ! Je suis le roi de la gaudriole ! Batard !

« S’il pleuvait de la merde sur la marne, assurément, ce serait sur les bâtards » Maréchal Foch

Hier, nous étions le con des autres, aujourd’hui nous sommes tous des bâtards. Ce mot claque, il baffe, il explose dans ta gueule et avant même que tu n’aies saisi sa portée, il est déjà reparti. C’est un peu comme si un pote rentrait chez toi et tapait à coup de batte de base-ball toutes tes affaires, violait ta femme, chiait sur ta table Ikea et te faisait la bise en partant. C’est absurde, c’est indolore, c’est un claquement de bite (sur ton front dans la rue derrière un horodateur). Le dico ? Au chiotte ! Cela fait longtemps que la définition de ce mot a sombré avec Gandalf dans la Moria. Il se murmure qu’on l’a enterré avec Mandela. L’enfoiré ! Il l’emporte dans sa tombe. La seule solution ? Ouvrir notre bible à tous ! Notre ouvrage de référence ! Celle que nous mettrions en premier dans nos sources de connaissances officielles après Google mais avant le Petit Robert (si Emile Louis ne l’a pas chopé) : « Alors… Wikipedia… Batard, B-A-T-A-R-D ». Ouais non, on s’en fout.

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Haikü de Bâtard

Un bâtard

C’est ton pote,

C’est le gars qui t’a sucré ta promotion,

C’est le connard qui s’est serré la meuf qui te plaisait avant toi

C’est ton père quand il te rappelle qu’il a niqué ta mère,

Ah l’batard, c’est une myriade d’amis, d’ennemis

Tous des bâtards

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Ceci est une ode à tous les utilisateurs de ce mot. Ils font vibrer l’interjection. C’est la peau de nos mémés qu’on gratte avec un peigne. Pourquoi ce cri d’amour ? C’est un mot sans fard usé par la plèbe. Pour les vrais bâtards, on ne se dit bâtard qu’entre bâtards pour dire qu’on est des bâtards. T’as rien compris ? T’inquiète cousin, je t’explique. Les mots sont une arme. S’ils ne détruisent pas les murs, ils n’appartiennent qu’à ceux qui en usent. A ce titre, ils excluent autant qu’ils rapprochent. Pendant que certains s’offusquent de ne pas appartenir au monde d’en haut, celui des nantis où on se bouffe des huitres en se caressant la chaine en or, perso, je me gargarise en biflant verbalement mes potes. Les politiques, les puissants, nos patrons, nos parents si vénérables et sages et dont la politesse nous contraint autant qu’elle semble dépassée, ne nous traiteront jamais de bâtards et j’espère bien qu’ils ne le feront jamais. Si un jour, ils venaient à partager avec nous ce 54 points au scrabble si vous le posez sur mot compte triple, alors, nous devrions trouver autre chose. « Bâtard ! », c’est notre code, c’est nous, c’est vous, c’est moi. Nos conversations nous appartiennent, nous sommes maitres de notre langage et à ce titre l’élite de nos mètres carrés d’existence. Ce n’est pas une révolution, c’est une prise de conscience. A chaque fois que je dis batard, je suis le maitre de mon monde.

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Certains parlent à l’ONU, à l’assemblée nationale ou à l’Élysée, moi, j’écris sur mon blog pour ma petite bande. On se comprend, on se kiffe et parfois même on se crache dans les bajoues. Ca m’achètera pas une Golf TDI. C’est pour ça qu’on est tous des batards.

Mon inspiration et de la crasse pour que ta mamie danse accrochée à son déambulateur :

Wikipedia LoL

Du Michel Sardou (parce que c’est un batard)

Une photo de ma mère

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