Métaphysique de Batard

platon

blablabla

« Qui a craché dans le Tatziki ? » Platon, Le Picrate, dialogue sur la vie, la mort et la place du concombre dans la cité.

Samedi, samedi, samedi…
Dimanche, dimanche, dimanche…
Et une semaine de plus…

Les jours courent bien trop vite. Les quelques visiteurs quotidiens l’ont constaté, il n’y a pas eu d’article cette semaine. Aucun. Nada. Bim boum badaboum. Un manque d’inspiration ? De mot ? Non uniquement de temps. Lundi dernier, j’avais deux articles presque terminés. Ils étaient écrits. Il manquait quelques mots, les illustrations, les éléments de référencement. Trois fois rien. Seulement, je n’ai rien pu faire. Trop de boulot. Foutue nécessité pécuniaire. S’il faut manger pour faire caca, il faut aussi bosser pour remplir le frigo. Conclusion, je me retrouve à poil ce dimanche matin, devant mon écran, tel un chimpanzé de l’espace, me grattant les poils du nez pour en enlever le mucus, l’esprit vide face à la page blanche pour tenter de me justifier.

metaphysique

Pourtant, j’ai peu de lecteur, pas assez du moins pour avoir une obligation de résultat. T’as vu ! Je suis libre ! Personne n’est accroché à mon slip ! Je trace ma route ! Ouais ! Ouais ! Tout seul quoi. Donc, on se retrouve là. Nu. Comme un ver. Il fait beau. Sherryfa Luna gueule à travers la cloison. La voisine semble être en train de faire son ménage. Elle a des goûts musicaux contestables. Dans la mesure où le son de son aspirateur surpasse ce RNB médiocre, j’ai le secret espoir qu’elle ne se rende pas compte de ce qu’elle fait. Ma naïveté se perdra. Ce silence relatif est propice à ce genre de réflexion. Je me sens tel le penseur de Rodin, ce type en bronze la tête sur la main semblant considérer le monde et ses tribulations. Je fais de même, sauf que j’ai peu de neurones et encore moins de bon sens. Ce moment est donc propice à la métaphysique des riens. Ce moment, ou notre imagination dérive vers les contrées surprenantes de l’inutile raisonné. Vous savez ce moment où on se pose des questions idiotes et où on ose y réfléchir. Cela commence par des interrogations simplistes. On brasse le quotidien d’un revers de mémoire : « Pourquoi ai-je mis autant de temps à écrire ces articles ? Est-ce que je veux vraiment faire un bâtard de la semaine ? Pourquoi je n’arrive pas à être drôle avec mon compte twitter ? Est-ce que c’était une bonne idée de faire un blog ? Est-ce que aller 50 fois sur l’outil statistique de Google est lié à un besoin de reconnaissance ou le signe de mon profond ennui ? ».

douche-metaphysique

Généralement, une fois qu’on a répondu à ces questions sommes toutes banales à partir du moment où vous êtes moi, vous passez aux problématiques suivantes. Quelles sont-elles ? Ce sont toutes les interrogations satellites qui vous permettent d’échapper aux premières : « Est-ce que Dieudonné poste des petits chats nazis sur facebook ? Est-ce que les baleines pètent ? Les bretons portent-ils vraiment des chapeaux rond ? Est-ce que la galette saucisse a précédé le hot-dog ? Que se passe-t-il si je fais sniffer la coke à des enfants avant un concert d’Henri Dès ? Si les poissons étaient carrés, est-ce que mes filets de colin pannés auraient eu une forme de poisson ? » J’admet bien volontiers que la réponse à ces questions m’échappent. Il fut un temps, j’aurais disserté sur le bien fondé de l’existence du lancer de nain, la diffusion du curling à la télé, l’excès de sébum ou encore la théorie des cordes et les liens qu’on pourrait faire avec les statistiques d’utilisation des sanisettes parisiennes, mais je suis toujours handicapé par ce manque de temps. De plus, je n’aime pas survoler ce genre de sujet. Je les considère d’utilité publique pour le mètre carré qui m’entoure et que je gouverne d’une main de maître. Conclusion, je suis là à poil à me demander par où je commence. Je commence à écrire, cet article. Au départ, c’est un peu confus. Je pars donc prendre ma douche après m’être forgé une bonne grosse playlist bien bruyante (plus il y a de BPM, plus cela m’abrutit, plus j’ai l’inspiration). Je me remet un vieux Ludacris en fond (Move Bitch), je l’enchaîne avec du Glitch Mob et un poil de Metallica, et je tourne le robinet.

chat
Acccch ! Il est si choupinou ! Mais il est rachiste ! Ach !

Alors que l’eau fond sur ma tignasse bien grasse, je réfléchis. Je le confesse, j’ai toujours des grandes fulgurances sous ma douche. C’est surement parce que j’ai rien d’autre à faire que penser tout bas. C’est alors que j’élabore la théorie de la métaphysique des batards. Qu’est-ce que la métaphysique ?  Si les érudits me répondront sans hésiter, que c’est la science des questions existentielles, je répondrais pour ceux qui n’y comprennent rien que c’est simplement le truc qui cherche à répondre aux questions les plus prises de tête qui existent : « Pourquoi la vie ? La mort ? Qu’est-ce que je ferais demain ? Et pourquoi je suis là d’abord, putain de merde ? ». Il est fort probable que dans le dictionnaire commun, il soit synonyme de masturbation intellectuelle. Néanmoins, nous avons tous des onanistes métaphysiciens à nos heures perdus. Qui n’a pas stressé en se demandant ce qu’il allait bien pouvoir lui arriver ? Paye ton angoisse millénariste ! Shaaaaaaampoing ! Geeeeeeel douche ! Je me moussais le bras et je raccrochais les rails de ma réflexion. Qu’est-ce que la métaphysique des bâtards ? C’est cette réflexion qui nous titille quand tout le monde tourne les yeux. C’est ce petit moment, où nous les hommes, où vous les femmes, de la batardie occidentale, vous vous dites « Putain, est-ce que j’ai pas merdé ? Et si j’avais fait autrement ? » Ce sont ces longues minutes où vous vous demandez si un string vaut mieux  que deux tu l’auras. Ces bribes de secondes où vous vous dites que cette jupe faisait peut-être un peu pute mais qu’après tout, « le regard des autres n’importent pas tant que ça… enfin… je crois ? ». 

ast

Je me disais qu’après tout, on était tous logés à la même enseigne et qu’il n’y avait que les cons pour ne pas s’inquiéter de quoique ce soit. Je me séchais les poils. Le bonheur n’est pas la chose du monde la mieux partagé à l’inverse de la connerie. On est tous là, à se demander si demain sera bien ? Si Mireille nous lâchera un sourire ? Et derrière tout ça, si dans la tonne de merde qui va nous pleuvoir sur la tête, il y aura quelques embellies. Le monde n’est pas noir mais il est parfois difficile d’y voir de la couleur. Secouant la tête, je me refaisais le fil de ma réflexion. Quelle mélancolie ! Je me grattais les couilles avant d’enfiler mes habits. Bouarf. On ne va pas se laisser abattre ! Non mais oh ! Ouech ! Je suis un bonhomme moi ! Je me mettais devant mon ordinateur, ouvrait le blog. Et… Grmbl… Reste plus qu’à marquer tout ça. Et puis à mesure que j’écris, que je fais mes dessins, je me dis que je m’amuse bien. La vie a des bons cotés. Toutes ces questions qu’on se pose, finalement, sont autant de portes ouvertes vers du meilleur. Tout ces « ? » et ces délires m’ont bien souvent permis de sortir de ce quotidien fade. C’est un peu comme les gens qui pètent lors des silences, c’est dégoûtant mais qu’est-ce que c’est fun ! Je me suis jamais autant marré qu’autour d’un verre de pinte à réfléchir à l’inutile. Nous sommes tous des conquérants du fun ! Du bonheur à venir ! Je finirais donc là dessus. Pour tout ces moments chiants, ces moments de vides, ces grandes fulgurances, je dis YATTA !

 Références de batard
Métaphysique
Discussions profondes
L’eurovision

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *