Australie – Fantasme à Batard

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Australiens, Koalas lovers, Amoureux du Bush
Avertissement

Il est possible qu’à la lecture de cet article, vous vous sentiez agressé ou vexé dû aux propos de son auteur. C’est le but. Si ce n’est pas le cas, j’en suis le premier attristé.

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« Il doute de rien, il se fout de tout… Il se fait vraiment pas chier ! » Crocodile Dundee

La rédaction de cet article a commencé lors d’une soirée banale chez des potes. C’était pas l’invitation du siècle juste l’opportunité de sortir après une semaine de taff. Vous savez, celle où on n’a pas vu le soleil car en partant il n’était pas levé et en revenant il était déjà couché. Si on ajoute à ça les collègues dépressifs, ton meilleur pote qui s’est fait largué, les fringues dégueulasses empilées dans un coin, la vaisselle dégoulinante d’eau saumâtre dans l’évier, autant dire que j’étais au bout du bout de ma résistance psychique. Qu’elle vienne l’adversité, et j’allais lui rouler dessus avec mes nouveaux pneus neige à picot. Elle va prendre tellement cher qu’elle ne repointera plus le bout de son nez avant un bon mois. Je soupirais : « Si seulement… ». Bref, ce soir-là, c’était relaxation sociale, dragouillage, kro en bouteille et « me faites pas chier, j’ai fait la guerre et j’ai vu assez d’horreur pour le reste de ma vie ». Je voguais de gateaux apéritifs en blinis premier prix, quand je finis par me poser au milieu du canapé ou des personnes échangeaient sur la vie, la mort et les slips (voir Métaphysique de batard). J’écoutais d’une oreille me régalant d’avantage du panorama des jupes courtes et du sons des bavardages que du reste. Par la force des choses et animé par la nécessité de me la raconter, je finis par m’intégrer à la conversation. J’essaye de placer 4 ou 5 fois les mots bite et vagin pour choquer le commun des mortels. Chacun échange, et puis le fil de la conversation faisant, quelqu’un vient à parler du fait qu’il s’en va bientôt, loin de tous ces cons. Ah ? Ou ça ? En Australie. Ah bâtard ! Mon pauvret ! Si tu savais !

Ce choix de destination ne m’étonne pas. L’Australie est devenu le fantasme de tout un lot de batard. Si les irlandais du début de siècle ont rêvé d’Amérique, le jeune du début du 21ème siècle rêve d’aller se siroter un Malibu ananas sur les plages du Queensland pendant que sur l’horizon des kangourous feraient du surf en portant sur leur dos des koalas trop kawai. En même temps, comment leur reprocher ? Les médias vont en ce sens. La désinformation a commencé dès notre plus tendre enfance avec les kangoos, cette série ou des kangourous faisaient du basket. Ensuite, il y a eu nos années ado pendant laquelle on a écouté les sublissimes Nathalie Imbruglia et Kylie Minogue quand on ne les a pas accroché sur nos murs pour découvrir les plaisirs de la sexualité. Ensuite, on est entré dans le monde du travail et on a bavé chaque année sur le gagnant du meilleur job du monde. Pour terminer, il y a ce con de pote sur facebook, qui a réussit à se tirer et qui y vit. Chaque jour, il nous balance à la gueule sa galerie de photos, nous exposant son plaisir d’être la bas. Au delà du pincement au coeur, vous avez la fâcheuse impression à chaque fois qu’une de ses photos apparait, que c’est une énorme bombe de caca qui vous explose dans la face. Votre quotidien grisou, les vexations et vos doutes reviennent tels un boomerang (invention australienne de surcroi). Vous morflez et vous vous dites : « un jour ce sera moi ». Bientôt, c’est vos dents qui brouteront de cette herbe plus verte dans la patrie des diables de Tasmanie et du surf. Merde quoi ! L’Australie, c’est trop FRAIS ! Je ne vais pas vous mentir, si vous êtes de ceux-là, j’ai de la peine pour vous. L’Australie est une top modèle. Couchez avec, et vous aurez des surprises lors du prochain test MST.

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Orchestre national de Melbourne

Un peu d’histoire ! Je ne parlerais pas de l’époque pré-coloniale, elle est peu intéressante au regard de mon propos. La colonisation de l’Australie commence au 17ème siècle avec les britanniques. Au premier abord, le potentiel de l’île leur semble faible. C’est un caillou plein de poussière ou tout est à faire. La nature est hostile et ces bestiaux qui sautent partout ne laissent rien présager de bon. En plus, c’est loin et difficile d’accès en caravelle. La baie de Camberra a beau proposer une rade facile pour faire des créneaux, la distance à parcourir reste relativement élevé. Et puis comme dirait James Cook : « Ya tout ces anthropophages autour ! C’est un coup à se faire défoncer sur une plage ! » (pour information, il parle d’expérience). C’est hostile, c’est loin, c’est moche. Personne ne veut y foutre les pieds. On aurait pu essayer d’y mettre les extrémistes religieux, mais ces derniers se sont déjà barrés aux Amériques, persuadés d’avoir trouvé le paradis avec tous ces mecs à poils avec des plumes dans les cheveux. Il reste qui ? Les criminels, les repris de justice, tout ces bouseux qui empêchent le lord commun de mener sa chasse à cour dans la dignité et le bon gout.

Ainsi arrivent les premiers citoyens australiens. Bagnard d’abord, puis colons sur ordre du gouverneur bien content de trouver une force de travail, les occidentaux commencent à développer l’est de l’Australie. S’étendre ? Le problème au delà du vide ambiant, c’est surtout ces types basanés à poil. Ils courent après les kangourous, ramènent un peu trop leur gueule dès qu’on veut se construire une petite ferme. Ils sont chiants ces gens là à nous empêcher de coloniser en rond. Qu’à cela ne tienne Jeanne-Marie, l’avantage des colons, c’est qu’ils arrivent avec leur alcool et leur bon germes européens. Les aborigènes seront vite au fait des enjeux de santé européens. C’est ce premier peuplement qui forme le socle actuel de la population australienne. Les américains ont les rednecks, les australiens, les bushrangers. Pendant les 100 années suivantes, ils auront le temps de laminer la population aborigène grâce à leur maladie, en les sédentarisant et accessoirement en leur volant leur terre. En même temps, ils sont cons aussi ces aborigènes, ils habitent sur des mines d’or mais ils s’en foutent.

« C’est qui les gens là bas derrière les barbelés ? Des abo.. quoi ? » . 

Certes, cette histoire douteuse est celle de la colonisation qu’elle soit d’Australie ou d’ailleurs. Cependant, ce passé a laissé particulièrement des traces perceptibles. Les aborigènes sont parqués pour beaucoup dans des réserves à attendre que ça se passe. Transformer un peuple nomade en peuple sédentaire ne fut pas une grande idée. Ensuite, ce premier peuplement européen a eu la chance de vivre le frisson des grandes ruées et de la prospection avec ses bons et ses mauvais cotés. Assis sur leur colline, les chasseurs d’or, d’opale ou de cobalt attendent l’étranger pour le plomber. Personne ne dépouillera le chercheur minier de son trésor. Manque de bol, la plupart de ces indépendants qui vivent dans le centre de l’Australie sont miséreux. Ils sont donc méfiants, pauvres et bien souvent pour des raisons sommes toute logique assez xénophobes. S’ils sont la partie visible de cet iceberg et si après tout, ils ont des raisons excusant ce comportement, il n’en est pas moins vrai que cette méfiance est une caractéristique du peuple australien. Certes, ne généralisons pas, John-Mary le sympathique citizen de Sidney ne va pas t’envoyer chier à coup de carabine dès qu’il va te voir arriver avec ton béret et ta baguette. Cependant, il n’est pas surprenant que l’Australie soit un des seuls endroits sur terre ou la pensée écologique se marie bien au conservatisme. John-Marie est donc sympa dans la mesure ou tu ne touches à rien. Dans un pays qui se présente comme un horizon des possibles, cela parait un peu contradictoire ! C’est un peu comme si on me proposait une Audi pour aller de chez moi au boulot avec pour seul consigne de ne jamais allumer le moteur, je me met à pleurer. Cependant, vous n’êtes pas le problème. John Marie ce qui l’inquiète, c’est cette arrivée massive des asiatiques sur des bateaux pourris, les boats peoples qu’ont les appelle. Cela lui prend tellement la tête que son premier ministre a décidé l’année dernière que tout les bateaux qui toucheraient la côte seraient renvoyés illico chez eux. Fini l’asile politique, et l’accueil, meurs chez toi ou dans l’océan mais pas chez nous. La terre promise des uns n’est définitivement pas celle des autres.

« Non non, ne venez pas chez nous !
Ceci était un message de l’Australie ! »

Des détails auraient dû nous mettre la puce à l’oreille néanmoins. Une plus grandes personnalités de l’Australie est Rupport Murdoch. Si nous connaissons tous, Nicole Kidman ou le sémillant Hugh Jackman plus connu sous le nom de l’homme d’un rôle, peu connaissent ce magnat de la presse à l’idéologie somme toute contestable. Propriétaire du groupe Fox, Ruppert est l’inspirateur sympathique des idées nauséabondes post-11 septembre. Porte drapeau médiatique, il fera feu de tout bois, en imposant une ligne éditoriale assez agressive anti-musulmane puis anti-française au cours de la guerre en Irak. Si la sénilité ou l’idiotie à un visage, c’est le sien. Néanmoins au vue de ce que je viens d’énoncer, il n’est pas surprenant de voir une tel personnalité émerger. Il est ce que l’Australie a pu produire de pire, avec peut-être la dernière saison de Hartley Coeur à Vif. Un autre détail ? Un des grands symboles de l’Australie est le koala. J’adore les koalas, tu adores les koalas, nous adorons les koalas. Néanmoins, qu’est-ce que le koala ? C’est un marsupial assoupi 22h sur 24. Il mange le plus clair de son temps d’éveil de l’eucalyptus, une plante très pauvre en nutriment. Cet animal est non seulement une feignasse sur patte mais aussi un gros con. Et pourtant, c’est l’oriflamme de toute une nation. Cet animal est en voie de disparition. Pourquoi ? L’avancée rapide de l’urbanisation détruit son habitat petit à petit. Il se fait donc écraser sur les routes. Les arbres sur lesquels il grimpait, disparaissent petit à petit. Le réchauffement climatique n’aide pas. D’ailleurs, vous connaissez l’histoire de Paf le koala ?

Paul-Henri, le Koala psychopathe
Paul-Henri, le Koala psychopathe

Néanmoins dois-ton condamner l’Australie ? Le tableau est sombre mais pour autant y a-t-il tout à jeter ? J’entends déjà les cosmopolites de tous bords s’opposer à mon discours avec leurs expériences individuelles. Non, bien sur, l’Australie n’est pas plus un pays de merde que les autres. Il a une économie relativement dynamique. Il y a des emplois, des avantages fiscaux intéressant pour un européen qui ne vit pas au Luxembourg. Il fait beau pratiquement toute l’année, il y a plein d’animaux mignons. Que dire sur le plan musical ?Il nous ont donné AC/DC, INXS et Kylie Minogue. Il y a plus dégueu. Combien de fois avons nous chanté Highway To Hell tout bourré au mariage de notre sœur ? Cependant, de là à faire une éloge dithyrambique de l’Australie, il y a un pas qui je ne franchirais pas. C’est donc avec un plaisir malicieux que je m’amuse à casser ce mythe sans fêlure qu’est l’Australie. Il est temps de rappeler que comme les Etats Unis en son temps, l’île reste un mirage. Il incarne le nouveau concept d’Eden, cet terre promise ou tout est plus beau car… c’est ailleurs que chez nous. C’est pourquoi aujourd’hui, je vous offre les armes pour aller troller tout vos potes sur facebook partis vers ces horizons lointains. A chaque photo qu’ils posteront, parlez leur de l’humaniste Murdoch, des boats peoples, de Coober Pedy patrie de l’opale et des mouvements néo-nazis australiens… Sans offense, le monde n’est ni tout blanc, ni tout noir.

Je propose de terminer cet article avec de la joie et la bonne humeur. Il est temps de bouger votre boule. Au mieux, vous aurez oublié au bout de ces 3 minutes, toutes les horreurs de cet article et vous pourrez reprendre une vie normale. A défaut, vous aurez kiffé votre race. Quoiqu’il arrive, plein de bisous et de koalas !

 

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