Les explications du Docteur Aaaaah: le syndrome préféré

Les biscottes suédoises sont d'une condescendance.

Stockholm

Je vous ai parlé d’Internet, c’était un sujet général, je vous ai parlé de Mathématiques, ou presque. D’ailleurs je pense que cette expression « ou presque » est une bonne façon de résumer cette chronique, je ne dirais pas que c’en est l’essence, mais, pas loin, presque ?

Aujourd’hui, pas au moment où j’écris ces lignes évidemment, parce que vous ne le savez pas, mais le processus d’aboutissement d’un article est extrêmement complexe, j’y reviendrai, peut-être dans une prochaine chronique: « Le derrière de Batard de France », ça ferait un bon titre, peut-être un peu trop racoleur, on en discutera à la rédaction, bref.

Aujourd’hui donc, l’article va s’attaquer à la psychologie et particulièrement au Syndrome de Stockholm, dont l’acronyme sera SdS jusqu’à la fin de cet article. Après, il pourra ne plus avoir d’acronyme, mais là ça va m’arranger. Si je n’utilisais pas d’acronyme, j’allongerais virtuellement la longueur de cet article et ce serait un procédé foncièrement malhonnête. Et je ne suis pas comme ça. De plus, l’usage de l’acronyme est sensé permettre d’y voir plus clair, mais je promets rien, suggestion de présentation (notion que l’on pourrait explorer aussi dans un prochain article), photo non contractuelle, etc.

Mini

Venons en au fait.

Ce que je veux vous dire, et vous montrer, c’est que ce syndrome est partout, jusque dans l’air qui nous entoure, puisque l’on pourrait presque se poser des questions quant au fait que notre corps aime l’air, mais je vous laisserai faire ce cheminement seul après.

Mais d’abord, qu’est-ce que c’est le SdS ? Nous allons prendre une source fiable à laquelle tout le monde peut contribuer. Sur la page de Wikipedia, on peut lire: « Le syndrome de Stockholm désigne un phénomène psychologique où des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers développent une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. »

Je vous invite à lire la suite. C’est assez intéressant, ça donne une idée de la complexité du fonctionnement de la psyché humaine, je citerai un grand film :

– Ohhh ma jolie petite puce, tellement de choses que tu sais rien, un esprit humain est éternel, très difficile à tuer.
– Même avec une tronçonneuse.

En substance le SdS est un mécanisme de survie, qui permet d’attirer la sympathie d’un ravisseur en espérant qu’il ne nous tue pas, le tout de manière inconsciente, rendant le tout plus crédible auprès des ravisseurs. A priori quand on sait que ce syndrome existe, on peut y être moins exposé, ça n’empêche pas de tenter de jouer le jeu pour s’attirer les faveurs des ravisseurs et améliorer sa condition, être au courant que le SdS existe est peut-être un meilleur moyen de tirer avantage, puisqu’on choisit et que l’on sort du mécanisme de survie « automatique ».

Mini

Les biscottes suédoises sont d'une condescendance.
Les biscottes suédoises sont d’une condescendance.

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Tout ça ne nous dit pas pourquoi le SdS nous entoure puisque par chance, ou pas, ça dépend des sensibilités, la plupart des gens qui lisent nos chroniques de batards ne seront jamais confrontés à une prise d’otage, au moins du coté des otages, j’espère. On retrouve le SdS jusque dans l’alimentation et la boisson, notamment le vin, ou l’alcool en général.

Par exemple quand on est petit, on aime pas la bière. Moi qui n’ai jamais trop grandi, bon, maintenant, la bière ça va, on s’entend bien, même si je lui préfère ses « cousins » cocktails.

Mais pour le vin, je m’y suis jamais fait, surtout le rouge. Souvent donc je me retrouve dans cette situation:

« Professeur AAAAAAAh tu devrais en boire, c’est bon avec la viande rouge et le fromage »

Ou encore:

« Hum, ce vin est particulièrement bon, tu es sûr que t’en veux pas ? »

Moi de répondre, que je n’aime pas ça, non sans un certain tact vous en conviendrez, j’en suis sûr :

« AAAAAAAh NAAAAAAAOOOON ! »

Et systématiquement mes différents interlocuteurs m’auront répondu : « C’est normal, on aime pas ça au départ, faut éduquer son goût », étant un poil bien élevé, souvent je goûte.

« AAAAAAAh ! »

Vous l’aurez deviné, je n’aime toujours pas ça. Parce que si je comprends bien toute cette histoire, là où je veux en venir, c’est qu’il faut que je force ma langue à aimer des trucs qu’elle aime pas, alors là tout de suite, moi, je dis SdS. Oui, moi aussi je trouve ça très inquiétant.

Nan mais voilà:  il faut que ma langue se fasse prendre en otage par du vin ?

Mini

Beaujolais Nouveau
Du raisin et des bouches

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Quelque part, voilà, avec cette phrase je crois que j’ai tout dis, c’est ubuesque, en quoi c’est normal de devoir se forcer à manger un truc pour l’aimer ensuite ? Ça semble tellement pas naturel !

Bon admettons, concrètement comment je fais ? Je fais le tour de cave, je trempe ma langue dans un verre, j’attends une heure ou deux ? Je recommence avec un autre vin ? Je nettoie ma langue entre les deux essais ?

Mais si on s’en tient à ce que l’on sait, pour moi, c’est foutu, je sais que le SdS existe, je suis perdu pour la cause, je n’apprécierai donc jamais le vin rouge. La boucle est bouclée.

Revenons-en au fait que c’est un mécanisme de survie. Comme moi, maintenant, vous êtes convaincu que si vous aimez le vin, c’est à cause du SdS. Ou comme on dit, que « vous avez éduqué votre goût ».  Donc à un moment donné, votre langue et votre palais ont dû se sentir suffisamment en danger pour se dire qu’il serait temps d’aimer le vin. Remerciez les neurones que l’on a probablement dans la bouche, il n’y a pas de raison qu’il n’y en ait que dans notre système digestif.

Maintenant, vous savez pourquoi le SdS est partout, ou alors, c’est moi qui ai un SdS avec le SdS, qui l’aime et le voit partout… AAAAAAAh !

Dédicace au mien, la pire.


Mini

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